Torticolis 4 dans les bacs

Le voici enfin, ce numéro 4 qui a pris son temps pour émerger, si bien pris son temps, au rythme de la marche du manchot de la couverture, qu’il arrive aux portes de l’hiver, idéalement pour trouver place au pied des sapins.

a5_couv-torticolis-4-1

Pas moins de vingt auteurs dans cet opus avec des petites nouvelles, Andrée Aujeu et Cécile Ploux, et des petits nouveaux, Sylvain Guillaumet, Christian Bidaux, Gérard Lelou  et Jérémy Bouquin :  chroniques tendres ou mélancoliques, poèmes intenses et brefs, micro-fictions sensibles ou carrément déjantées, il y en a encore pour tous les goûts.

A noter deux textes émouvants édités malheureusement à titre posthume : une lettre d’Etienne Cornevin, salué par Carole Le Novère dans son éditorial, et un ensemble de notes de Michel Van Grevelinge, rédigées pendant l’été 2014. Ethnologue de formation, spécialiste de musique électronique (il avait écrit sur le sujet l’essai Profil Hardcore, paru chez L’Harmattan), Michel avait choisi de venir vivre en Berry, et nous sommes quelques-uns à avoir apprécié sa personnalité indépendante. C’est dans sa petite maison qu’il s’est donné la mort en octobre dernier.

Une bonne nouvelle maintenant : l’exposition que donne dans ses murs, à Saint-Gaultier, le plasticien Sébastien Cé, dont les estampes avaient illustré notre numéro 3. Les restes du banquet présente un large éventail de sa production dans le bel espace rénové d’une ancienne droguerie.  Le bougre reçoit en fin d’après-midi ou sur rendez-vous. Et parfois même, il paye un coup.

les_restes_du_banquet-05

Publicités

Gérard Depardieu et moi

Rolland Hénault est l’un des fidèles contributeurs de la revue. Toujours l’un des premiers à envoyer ses textes trempés dans l’humour corrosif. C’est d’ailleurs sur l’un d’eux que s’ouvre le troisième opus : Mon grand-père pendant la disette… La disette, pas un mot qu’on rencontre à tous les coins de journaux, et rarement (c’est un euphémisme) sur Twitter ou Facebook ; il y aurait donc comme un petit parfum nostalgique dans ces deux syllabes.

La nostalgie, c’est d’ailleurs ce que pointe Thierry Chareyre dans son émission sur France Bleu, au sujet du nouvel ouvrage de Rolland, Gérard Depardieu et moi, paru ces jours-ci aux éditions de l’Impossible. Et que ne dément pas l’auteur, qui pense que « les laboureurs étaient plus heureux que les salariés d’usine…« (lire son interview récente sur le blog de la chanteuse Elizabeth).

Gérard Depardieu, qu’il avoue volontiers n’avoir jamais rencontré, est pour lui un monstre sacré, un ancien « jeune premier agricole »qu’il aime parce qu’il a gardé au fond une âme de paysan, et pas seulement une âme, mais des gestes, des attitudes et jusqu’à des intonations. Alors, dit-il, pas question de le critiquer, d’autres s’en chargent.

henault_depardieu

 

 

 

 

 

 

 

 

PS (29/05) : Rolland avait déjà affiché la couleur dans le Torticolis n°2, avec ce texte ciselé comme une bulle papale : Gérard Depardieu en odeur de sainteté

Torticolis 3, entre plaisir et tristesse

Le plaisir, c’est bien sûr de vous annoncer la sortie du troisième numéro de Torticolis. La couverture a pris  couleur reptilienne, de nouvelles plumes nous ont rejoints et les estampes de Sébastien Cé sont autant de plages de méditation à goûter entre deux fictions, chroniques ou poèmes. Cent vingt pages à lire et relire par rasades joyeuses ou mélancoliques parce que la littérature existe en dehors du roman, discrètement mais pleinement.

A5_couv torticolis 3 ter

La tristesse, c’est la disparition d’Étienne Cornevin. Il nous avait confiés quelques écrits, et nous étions heureux de l’accueillir pour la première fois à l’occasion de ce numéro printanier. Mais cet amoureux du langage, ce croqueur de mots, cet insatiable jongleur des métamorphoses nous a quittés en ce début mai. La revue était déjà partie à l’imprimerie, et nous n’avons pu le saluer comme il convient. Seuls restent ces Paçages dont il nous a gratifiés.

Mais ce n’est que partie remise. Étienne laisse une œuvre encore largement à découvrir, et nous nous emploierons à frayer les chemins de traverse qui y conduisent. Dans l’attente, on peut déjà se rendre sur son blog foisonnant et rugissant de couleur, Nouvelles-hybrides. Ou lire ce texte déjà testamentaire de janvier2016, où le drôle de zèbre retrace son parcours.

tumblr_o6kgfiiow31sqr1n4o1_250

 

Torticolis 2

La deuxième saison de Torticolis vient de sortir ! Le numéro d’automne 2015, fort de quatorze auteurs et de vingt-et-un textes, vous attend à la librairie Arcanes ou chez Cultura, à moins que vous ne connaissiez un des contributeurs de la revue, et qu’il vous mette en cheville avec un revendeur plus ou moins véreux sur un circuit parallèle. Pas d’inflation en tout cas sur le titre, inchangé à cinq misérables euros.

Des auteurs déjà présents dans le premier opus mais aussi de nouvelles plumes (ou faudrait-il dire claviers ?), des locaux et des non-locaux, des planches de bande dessinée bien délirantes (les Splogofpfts de François Coulaud, qui défient la phonétique française), de la fiction brève, un brin de poésie, bref de quoi alimenter rêves et cauchemars des terribles mois à venir, ou même le feu de cheminée si vous n’êtes pas content.

Couverture Torticolis 2 (4)La photo de couverture (Yvan Bernaer) ne reflète pas, évidemment, la dynamique intrinsèque de la revue…

Torticolis à Livres en fête

C’est un petit salon qui n’a pas peur des grands. Dix-huitième édition, c’est dire s’il a atteint la majorité. Livres en fête, ça s’appelle, et ça se déroule sur les deux communes de Mers-sur-Indre et Montipouret. Des libraires, des éditeurs, des livres d’artistes, un atelier gravure, une soirée lecture, le programme est riche.

salon_mersDeux auteurs de Torticolis, et non des moindres (mais je crois bien qu’il n’y a pas de moindres chez les auteurs de Torticolis), seront de la fête, à Mers. Mers, un nom qui m’a toujours fait rêver, Mers au milieu des terres, comme un  lointain souvenir de l’océan préhistorique qui les recouvrait bien avant même ces gros balourds de dinosaures. Mers, qui mériterait d’accueillir le salon des Étonnants Voyageurs, si Saint-Malo était un tantinet plus partageur.

Bref, je disais donc que deux auteurs, deux détonants voyageurs, feront escale à Mers : Yvan Bernaer et David Verdier y dédicaceront leurs polars amers. L’un est gaucher, l’autre droitier, ils sont donc complémentaires. Un achat groupé est toujours possible, il faut négocier ça avec les financiers avisés de la Bouinotte. Dites que vous venez de ma part, ça ne servira à rien, mais ça vous permettra d’engager la conversation.

Al dente et Torticolis à l’Envolée des Livres

Ce week-end, 18 et 19 avril, au couvent des Cordeliers, aura lieu la neuvième édition de l’Envolée des Livres.

La revue y sera présente, ce sera d’ailleurs l’un des volumes les moins chers de la place, profitez-en, et vous pourrez même la faire dédicacer car l’un des auteurs et membre de la troïka du comité de lecture sera lui aussi sur l’affaire. Yvan Bernaer nous a en effet cuisiné un polar à glacer le sang, Al dente, servi aux petits oignons par nos amis de la Bouinotte.

Quatrième de couverture sur le site d’iceux :

« Un tueur en série terrorise la ville de Châteauroux.
En quelques mois, quatre jeunes femmes ont été
retrouvées mortes chez elles. Le rituel est toujours le
même : la victime est allongée sur le ventre, le menton
posé sur un coussin, le crâne entièrement rasé. Telle
une chrysalide figée entre la chenille et le papillon.
Celui que la presse surnomme « Le Tondeur » a encore
frappé.
Lui donner un visage… C’est l’obsession du lieutenant
Le Loubecq, par ailleurs empêtrée dans sa vie chaotique
de mère célibataire. Malgré son intuition et son
sens exceptionnel de la déduction, l’enquêtrice
piétine. Les pistes se multiplient, les indices se contredisent.
Et le temps presse. « Le Tondeur » cherche déjà
une nouvelle proie.

Cette traque captivante et déroutante vous laissera un
goût délicieusement amer. »

Torticolis arrive avec le printemps

Dans quelques semaines, à l’heure fatidique où le héron pourpré en provenance d’Afrique tropicale se posera enfin sur sa roselière brennouse, apparaîtra une nouvelle petite fleur de papier, un délicat perce-neige de 120 pages sur bouffant ivoire. Un trio de jardiniers planétaires en a longuement suivi la croissance. Treize auteurs l’ont nourri de leurs substantifiques moelles. La biodynamie littéraire signera là son entrée discrète dans le paysage culturel national.

A5_1couv